Photographier le brouillard : comment s’y prendre ?
Photographier le brouillard : comment s’y prendre ?

Photographier le brouillard : comment s’y prendre ?

Le brouillard et/ou la brume font partie de ces phénomènes qui peuvent être considérés comme un mauvais moment pour pratiquer la photographie, mais si vous savez bien l’utiliser, il peut s’agir d’une ressource très précieuse. Cependant, qu’il s’agisse du brouillard typique qui se forme parfois le matin ou d’un brouillard intense typique de certaines régions, il faut savoir le capturer pour obtenir de bons résultats.

Comment réussir ses photos du brouillard ?

C’est exactement ce que nous voulons faire avec cet article d’astuces et de conseils pour capturer des éléments qui ont beaucoup d’énigmes et qui peuvent nous aider à ajouter du drame, du mystère ou une ambiance mélancolique à n’importe quel paysage, qu’il soit urbain, rural ou même marin.

Comment choisir son moment ?

Lorsqu’on parle de prendre des photos dans le brouillard et/ou la brume, la première chose à garder à l’esprit est que vous devez trouver ces conditions pour pouvoir prendre des photos. Et, bien sûr, le brouillard ou la brume n’est certainement pas quelque chose que vous pouvez facilement prévoir.

Mais avant d’aller plus loin, définissons clairement ce qu’est l’un et ce qu’est l’autre. Le brouillard est produit par la présence de nuages denses au niveau du sol, tandis que la brume est un “brouillard bas et faible” (selon le RAE), et est généralement produite par des différences de température qui font que les gouttelettes d’eau restent dans l’air.

Quoi qu’il en soit, et bien qu’il soit difficile de prévoir leur présence, nous savons tous que les deux phénomènes ont plus de chances de se former la nuit et, surtout, au petit matin. Ainsi, comme en de nombreuses autres occasions, la meilleure prescription pour le photographe est… de se lever tôt !

Il est donc temps de mettre votre réveil à l’avance, même si, bien entendu, pour déterminer si du brouillard ou de la brume sont susceptibles d’être présents un jour donné, il est plus que recommandé de garder un œil sur les prévisions météorologiques, que ce soit via l’une des nombreuses applications mobiles existantes ou par tout autre moyen.

Dans tous les cas, il convient de noter que les mécanismes de formation du brouillard dépendent fortement de la région géographique et des conditions environnementales. Ainsi, il y a certains endroits où il peut se produire plus fréquemment, comme les vallées de montagne, les lacs et la mer, surtout en période de changement de temps comme l’automne et le printemps. Dans ces circonstances, d’ailleurs, nous devons nous rappeler l’importance de prendre soin à la fois de notre équipement et de nous-mêmes dans ces types d’environnements humides ou où il peut y avoir un froid intense.

Comment faire la mise au point et l’exposition ?

D’un point de vue technique, il y a deux points essentiels à prendre en compte lorsque vous prenez des photos dans le brouillard ou la brume.

La première concerne la façon de faire la mise au point dans ces situations où le contraste est souvent très faible ; la seconde est la façon d’exposer dans ces conditions qui sont souvent très défavorables car elles trompent le compteur d’exposition de l’appareil photo. Il est donc très facile de rentrer chez soi avec des résultats décevants, avec des photos floues et/ou sous-exposées.

En ce qui concerne la mise au point, les appareils photo fonctionnent généralement en recherchant des éléments où il y a des différences de contraste afin d’effectuer la mise au point ; le problème est que dans le brouillard et/ou la brume, il y a peu ou pas de contraste. Le problème est précisément que dans le brouillard et/ou la brume, le contraste est faible, voire inexistant. Si l’on considère également que les niveaux de luminosité sont souvent faibles, nous avons les conditions idéales pour que notre appareil photo s’emballe.

Bien sûr, cela dépendra du type d’appareil photo utilisé, et du fait qu’il utilise la mise au point par contraste ou par différence de phase (dans ce dernier cas, le résultat sera meilleur), mais il s’agit encore d’un de ces cas où la meilleure chose à faire est de passer en mise au point manuelle.

Même dans ce cas, ce ne sera pas une tâche facile, car vous devrez trouver un élément suffisamment net pour faire la mise au point. Cependant, nous pouvons toujours faire la mise au point en tenant compte de la distance qui nous sépare du sujet principal et jouer avec la profondeur de champ pour assurer la netteté nécessaire.

L’autre problème technique que nous devons résoudre dans ces situations est l’exposition, car il s’agit d’un scénario dans lequel les systèmes de mesure de l’appareil photo sont facilement trompés, tout comme lorsque vous prenez des photos dans la neige ou sur une plage de sable blanc. Ainsi, si nous laissons cette tâche à l’appareil photo, il est facile d’obtenir des photos sous-exposées.

La raison de ce phénomène a été expliquée dans des articles comme celui-ci, mais voici un résumé : les exposimètres sont calibrés pour mesurer la lumière réfléchie qui leur parvient sous la forme d’un pourcentage de 18 % correspondant à un gris moyen. Lorsqu’ils se trouvent dans des situations où la lumière réfléchie est beaucoup plus élevée (comme celle dont nous parlons) ou plus faible, ils ont tendance à mal l’interpréter. Dans le cas du brouillard et de la brume, en réfléchissant beaucoup de lumière, l’appareil photo interprète qu’il y a plus d’illumination qu’il n’y en a réellement et compense en sous-exposant.

La solution, bien sûr, est de forcer l’appareil photo à augmenter l’exposition, soit en utilisant le mode manuel, soit en utilisant la compensation d’exposition si vous utilisez les modes de prise de vue automatique ou semi-automatique.

Le degré de surexposition dépendra beaucoup des conditions spécifiques de la prise de vue, mais à titre indicatif, nous pouvons recommander d’augmenter d’un diaphragme de lumière et de vérifier le résultat. Cependant, c’est aussi un bon moment pour utiliser l’histogramme et essayer de redresser l’exposition.

Aspects créatifs

Après avoir maîtrisé la partie technique, il est temps de se concentrer sur la partie créative et de tirer parti du fait que le brouillard et/ou la brume peuvent nous aider à réaliser des images incroyablement évocatrices. Toutefois, si la composition n’est pas parfaite, il n’est pas difficile d’obtenir des photos sans intérêt. C’est pourquoi il y a quelques éléments à garder à l’esprit.

Le résultat est que dans ces conditions météorologiques, en plus de réduire le contraste (comme nous l’avons déjà vu), la perspective est également aplatie. Il est donc possible qu’une scène que nous percevons à première vue comme très attrayante se transforme en une image très différente. C’est pourquoi il est important d’ajouter de la profondeur à l’image avec des ressources quelconques.

Beaucoup d’entre elles sont les mêmes que ces autres pour diriger le regard du spectateur : utiliser des lignes qui nous dirigent vers l’intérieur de l’image (comme le point de fuite), chercher des éléments pour encadrer l’élément principal, ou simplement utiliser les règles de composition, comme la fameuse règle des tiers, pour obtenir une composition intéressante qui offre une tridimensionnalité.

Bien sûr, les possibilités sont nombreuses, y compris l’introduction d’une figure humaine pour ajouter de l’intérêt à la photo. Dans ce sens, il est également intéressant de ne pas oublier les silhouettes, qui, dans ces conditions, peuvent être très attrayantes et ajouter beaucoup de mystère aux photographies.

Une autre technique qui fonctionne très bien dans ces environnements est la juxtaposition d’éléments, notamment lorsque le brouillard est léger et se fond dans le terrain. Si l’on ajoute à cela la lumière dorée de l’aube, le résultat peut être très attrayant et donner une grande impression de profondeur. Et, comme en de nombreuses occasions, au lever du soleil (et au coucher du soleil, s’il y a du brouillard), les rayons du soleil peuvent projeter de belles ombres à travers le brouillard et/ou la brume, créant ainsi une excellente texture pour nos photos.

Vous savez maintenant que, loin d’être un problème, le brouillard et la brume sont d’excellents éléments pour prendre des photos car ils peuvent nous aider à obtenir des images uniques, avec des atmosphères mystérieuses et éthérées.